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Actes de la recherche en sciences sociales
n 110
décembre 1995
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Musique et musiciens
Bernard Lehmann
L’envers de l’harmonie
Jane F. Fulcher
Style musical et enjeux politiques en France
à la veille de la Deuxième Guerre mondiale
Tia DeNora
Beethoven et l’invention du génie
Dag Österberg
Les limites musicales d’un choix politique
Grieg et le nationalisme norvégien
Robert Alford et Andras Szanto
Orphée blessé
La douleur des pianistes professionnels
Angela Rundquist
Pompe en noir et blanc
Livres lus, livres à lire
Résumés
Summaries
Zusammenfassungen
Liber n 25
RÉSUMÉS
Bernard Lehmann
L’envers de l’harmonie
Par rapport à la volonté affichée des orchestres de donner d'eux-mêmes une image
d'union et d'harmonie, le but de cet article est de rendre compte de ses divisions:
divisions et hiérarchies instrumentales objectives tout d’abord, de celles qui se laissent
voir durant toutes ses manifestations publiques et que corroborent les origines
socialement différenciées des musiciens. Ensuite ce travail s’efforce de montrer que ces
divisions et hiérarchies sociales sont vécues et actualisées quotidiennement par les
musiciens et qu’elles sont au principe des interactions entre les chefs et les
instrumentistes et, partant, de l’interprétation.
Jane F. Fulcher
Style musical et enjeux politiques en France
à la veille de la Deuxième Guerre mondiale
Comment et pourquoi la musique française a-t-elle été l’objet de la bataille politique et
culturelle entre le Front Populaire et ses opposants à la fin des années 1930? Cet article
explore la façon dont le nouveau gouvernement a utilisé la musique comme outil
politique, comment il est devenu une source importante de soutien pour les
compositeurs dans une période de dure dépression économique. Le Front Populaire a pu
recruter des musiciens prestigieux qui, par leur rôle dans les plus hautes institutions
musicales, ainsi que par leurs discours, ont contribué à redéfinir une légitimité
esthétique.
L’article est centré sur la genèse des valeurs, modèles et genres musicaux
promus à cette époque et perçus comme partie de la nouvelle idéologie: il démontre
qu’on retrouve leurs origines dans la période qui suit l’Affaire Dreyfus, lorsque les
Ligues de droites lancèrent « une guerre culturelle ». Il examine aussi comment la droite
profasciste en France s’orienta vers le discours musical développé à l’origine par
Vincent d’Indy, membre de la « Ligue de la patrie française ». Ce discours
« romantique » a été propagé non seulement dans la presse « profasciste » mais aussi
dans ses organisations culturelles qui sponsorisaient à la fois les concerts et les
conférences sur la musique. L’article analyse les critiques de la presse profasciste et leur
diffusion dans la presse musicale. Enfin, il décrit le déplacement de l’hégémonie dans la
musique de la fin des années 1930 vers un rejet grandissant des valeurs culturelles et
politiques de la Troisième République.
Tia DeNora
Beethoven et l’invention du génie
Beethoven est souvent décrit comme le génie de la culture européenne et comme un
révolutionnaire de la musique. Ce portrait sous-estime la manière dont son succès et sa
réputation de génie auprès de ses contemporains peuvent être compris comme une
construction sociale, culturelle et technique. Cet article explore les fondements sociaux
du succès de Beethoven pendant ses premières quinze années à Vienne. Le succès de
Beethoven fut facilité par les changements dans l’organisation sociale et le climat
culturel du parrainage musical, par le soutien du cercle proche de ses mécènes
aristocrates et par les propres efforts de Beethoven pour renégocier la relation
musicien/mécène au tournant du XIXe siècle. Le climat de réceptivité à l’oeuvre de
Beethoven devint à son tour une ressource pour le développement des projets artistiques
de Beethoven et pour la réception de son style musical.
Dag Österberg
Les limites musicales d’un choix politique
Grieg et le nationalisme norvégien
A vingt ans, Edvard Grieg (1843-1906), issu de l’école schumanienne à Leipzig, se
trouve dans une crise d’identité. Il la résout en adhérant au nationalisme norvégien. Dès
lors, son oeuvre se lie à l’ancienne musique rustique des vallées norvégiennes. Or, il se
heurte à des obstacles qu’il ne saurait définir clairement (il se sent voué, sauf quelques
exceptions notables, à faire des petits « morceaux lyriques »), et il a le sentiment d’être
un « grand destin manqué ».
Cet article tente d’inscrire Grieg dans un champ culturel fortement empreint de
la philosophie allemande romantique, conception organique dont il est, à son insu,
prisonnier, et qui l’empêche de voir une autre voie qui aurait pu mieux convenir à ses
tendances musicales - celle de Debussy et les modernistes qui lui succèdent.
Robert Alford et Andras Szanto
Orphée blessé
La douleur des pianistes professionnels
L’univers académique du piano se compose de trois mondes, celui des virtuoses, des
enseignants, et le monde médical. Chacun d’eux à sa manière produit, gère et dénie la
douleur physique des pianistes. Un certain nombre de facteurs de risque se combinent
pour accroître la production de la douleur parmi un nombre significatif de pianistes
professionnels: l’augmentation du marché de la compétition, une technique erronée (et
un mauvais enseignement), l’étendue du répertoire standard des virtuoses.
Historiquement aucun des univers sociaux du piano n’a eu à affronter le problème de la
souffrance. Le monde médical attribuait la douleur au mauvais usage; les virtuoses au
manque de « génie » ou au « travail très dur », les professeurs au « mauvais
enseignement » ou au « manque de talent ».
Le problème est probablement exacerbé par l’investissement affectif que portent
les jeunes prodiges à leur mère et à leur professeur, ce qui conduit à la dénégation de la
douleur ou à l’autoaccusation. L’article s’appuie sur une enquête auprès de 268
professeurs de piano de l’État de New York, sur des interviews de médecins, de
pianistes et de professeurs de piano ainsi que sur l’observation de l’enseignement du
piano, de conférences de pédagogie et sur une recherche historique sur les manuels de
technique du piano.
SUMMARIES
Bernard Lehmann
The flip-side of harmony
Contrary to the desire of orchestras to put on a public front of unity and harmony, the
aim of the present article is to give an account of their divisions: First of all the
objective divisions and hierarchies among the different instruments, those differences
that can be seen on every public occasion and which corroborate the socially
differentiated origins of the musicians. Secondly, the study endeavors to show that these
social divisions and hierarchies are experienced and re-actualized by the players, and
that they are at the root of the interactions between conductors and instrumentalists and,
consequently, of the interpretation.
Jane F. Fulcher
Musical Style, Meaning, and Politics on the Eve of the Second World War
This article concerns both how and why French music was pulled into the political-
cultural battle between the Popular Front and its opponents in the later 1930s. It
explores the way in which the new government used music as a political tool, as it
became a major source of support for composers in a period of harsh economic
depression. The Popular Front was able to recruit important French musicians and, it
was through their roles in major musical institutions, as well as through their discourse,
that they helped redefine aesthetic legitimacy. A major concern of the article is thus the
sources of the musical values, models, and genres now being promoted and perceived as
part of the new ideology: it demonstrates that its roots, as well as the political use of
French musical culture, may be found in the period after the Dreyfus Affair, went
Rightest leagues launched a « cultural war ». Similarly, it examines how the pro-fascist
Right in France turned to the musical discourse originally developed by a member of the
« Ligue de la Patrie Française », Vincent d’Indy. This « Romantic » discourse was
propagated not only in the pro-fascist press, but in its supporting cultural organizations,
which sponsored both concerts and lectures on music. Hence the article examines the
major critics in pro-fascist journals, as well as analyzing their discourse and how it was
diffused in the French musical press. Finally, it relates the shifting hegemony in French
music in the later 1930s to the growing rejection of the political and cultural values of
the Third Republic.
Tia DeNora
Beethoven and the Invention of Genius
Beethoven is typically portrayed as the quintessential genius of western culture and as a
revolutionary of music. These portrayals underplay the ways in which his success and
reputation as a genius among his contemporaries can be understood as a social, cultural
und technological construction. This paper explores the social bases of Beethoven’s
success during his first decade and a half in Vienna. Beethoven’s success was facilitated
by changes in the social organization and cultural climate of musical patronage, by the
supportive and practical activities of his close circle of aristocratic patrons, and by
Beethoven’s own efforts to renegotiate the musician-patron relationship at the turn of
the nineteenth century. The expanding climate of receptivity to Beethoven’s work
became in turn a resource for the further development of Beethoven’s own artistic
projects and for the perceived idiosyncrasies of Beethoven’s musical style.
Dag Österberg
Musical bounds of political choice
Grieg and Norwegian nationalism
At the age of twenty, having completed his studies in Schumanian School Leipzig,
Edvard Grieg (1843-1906), went through an identity crisis, which he resolved by
throwing himself into the movement to make Norway a sovereign State. From that
moment on, his work was bound up with the folk music of the Norwegian valleys. But
he encountered obstacles that he had trouble defining clearly (with a few noteworthy
exceptions, he felt destined to write short « lyric pieces », which gave him the
impression of having just missed being a great composer).
The present essay attempts to situate Grieg in a cultural field strongly marked by
German romantic philosophy, an organic conception of which he is an unwitting
prisoner and which prevents him seeing another way, which would have better suited his
musical tendencies, the school of Debussy ad the modernists that followed.
Robert Alford et Andras Szanto
Orpheus wounded
The institutional field of the piano contains three social worlds - the virtuoso,
pedagogical and medical worlds - each of which in its distinctive way produces,
manages, or denies physical pain in piano playing. A number of « risk factors » combine
to increase the production of pain among a significant number of professional pianists:
increasing market competition, faulty technique (and inadequate teaching), expansion of
the standard virtuoso repertoire. None of the social worlds of the piano have historically
had to confront the problem of pain. The medical world blames pain on « misuse »; the
virtuoso world on lack of « genius » or « hard work », the pedagogical world on « bad
teaching » or « lack of talent ». The problem is probably exacerbated by the emotional
commitment of young piano prodigies to their mother and their teacher, which leads to
denial of pain or self-blame. The argument is based upon a survey of 268 New York
State piano teachers, on interviews with doctors, piano teachers and pianists, on
observation of piano pedagogy clinics and pedagogical conferences, and on a historical
survey of handbooks on piano technique.
ZUSAMMENFASSUNGEN
Bernard Lehmann
Die Kehrseite der Harmonie
In Anbetracht des gewöhnlich nachdrücklich bekundeten Willens der Orchester nach
einem Außenbild der Einheit und Harmonie, ist das Ziel dieses Artikels, ihre trennenden
Aspekte herauszustellen. Zunächst schon die objektiven Spaltungen und Hierarchien im
Bereich der Instrumente, wie sie bei jeder öffentlichen Veranstaltung erkennbar sind
und durch die sozial unterschiedliche Herkunft der Musiker weiter betont werden. Im
weiteren versucht die vorliegende Arbeit aufzuzeigen, wie diese sozialen Spaltungen
und Hierarchien von den Musikern selbst erlebt und täglich reaktualisiert werden und in
grundlegender Weise die Interaktionen zwischen Dirigenten und den Musikern und
damit die Interpretation bestimmen.
Jane F. Fulcher
Musikalischer Stil und politisches Spiel der Kräfte in Frankreich vor dem zweiten
Weltkrieg
Wie und warum war die französische Musik am Ende der dreißiger Jahre Gegenstand
eines politischen und kulturellen Kampfs zwischen Anhängern und Gegnern der
Volksfrontregierung? Es wird untersucht, wie die Musik von der neuen Regierung
bewußt als politisches Instrument eingesetzt wurde und sich für Komponisten in einer
Epoche schwerer wirtschaftlicher Depression zu einer bedeutenden Quelle des
materiellen Auskommens entwickelte. Der Volksfront gelang, namhafte Musiker für
sich zu gewinnen und sie zu veranlassen, in ihren Ämtern innerhalb der höchsten
musikalischen Institutionen und in ihren öffentlichen Stellungnahmen zu einer
Neubestimmung einer ästhetischen Legitimität beizutragen.
Im Mittelpunkt des Artikels steht das Entstehen musikalischer Werte, Modelle
und Gattungen, die damals als Teil einer neuen Ideologie verstanden wurden, und sich
in ihren Ursprüngen bis in die unmittelbar auf die Dreyfus-Affaire folgende Periode
zurückverfolgen lassen, als seitens der Rechtsbünde zu einem kulturellen Krieg
aufgerufen worden war. Dargestellt wird, wie sich in Frankreich die profaschistische
Rechte zunehmend auf einen musikalischen Diskurs einschwor, der von Vincent d'Indy,
einem Mitglied des « Bundes des französischen Vaterlandes », entwickelt worden war.
Dieser « romantische » Diskurs hatte sich nicht nur in der « profaschistischen » Presse,
sondern auch in kulturellen Organisationen ausgebreitet, von denen ebensowohl
Konzerte, wie Vortragsveranstaltungen über Musik gefördert wurden. Der Artikel
analysiert die Kritiken der profaschistischen Presse und ihre Diffusion in musikalischen
Zeitschriften und beschreibt innerhalb der Musik des Endes der dreißiger Jahre die
Verschiebung der Hegemonie in Richtung auf eine wachsende Ablehnung der
kulturellen und politischen Werte der dritten Republik.
Tia DeNora
Beethoven und die Erfindung des Genies
In unzähligen Schriften ist Beethoven als das Genie der europäischen Kultur und als
Revolutionär der Musik dargestellt worden. Diese Art von Portrait läßt außer Betracht,
daß sein Erfolg und sein Ruf des Genies unter seinen Zeitgenossen darüber hinaus als
soziale, kulturelle und technische Konstruktion begriffen werden können. Der Artikel
untersucht den sozialen Hintergrund der Beethovenschen Laufbahn während seiner
ersten fünfzehn Jahre in Wien. Insofern ist Beethovens Erfolg ebensowohl durch
Veränderungen der sozialen Organisation und des kulturellen Klimas des musikalischen
Gönnertums, durch die Unterstützung im Umkreis seiner aristokratischen Mäzene und
durch eigene Bemühungen um eine Neubestimmung der Beziehung Musiker/Mäzene
um die Jahrhundertwende möglich geworden. Dieses Klima erhöhter
Aufnahmebereitschaft gegenüber dem Beethovenschen Werk wird umgekehrt für
Beethoven zu einer Quelle der Entwicklung neuartiger künstlerischer Projekte und
geeigneten Boden für die Annahme seines musikalischen Stils.
Dag Österberg
Die musikalichen Grenzen einer politischen Wahl
Bei seinem Abgang von der Schumannschen Schule in Leipzig wurde Edvard Grieg
(1843–1906) im Alter von zwanzig Jahren von einer Identitätskrise erfaßt, die ihn als
Lösung die Werte des norwegischen Nationalismus annehmen läßt, und sein Werk von
nun an eng mit der alten bäuerlichen Musik der Täler Norwegens verbindet. Er stößt
dabei auf Hindernisse, deren Aufhellung ihm niemals ganz gelingen will (er meint, bis
auf einige bemerkenswerte Ausnahmen, kleine « lyrische Stücke » komponieren zu
sollen) und hat das Gefühl, an einer großen Berufung vorbeigegangen zu sein.
Der Artikel versucht, die Persönlichkeit Griegs im Rahmen eines kulturellen
Feldes darzustellen, das nachhaltig von der deutschen romantischen Philosophie und
ihrer organizistischen Konzeption geprägt ist, von der er, ohne sich darüber im Klaren
zu sein, befangen blieb. Sie habe ihm den Blick auf einen Weg verstellt, der seinen
musikalischen Tendenzen wohl besser entsprochen hätte, - desjenigen Debussys und der
auf ihn folgenden Modernisten.
Robert Alfort und Andras Szanto
Leidender Orpheus
Die Welt des beruflichen Klavierspielens ist aus drei Teilwelten, derjenigen des
Virtuosen, der des Lehrers und der des medizinischen Bereichs, zusammengesetzt. Jede
von ihnen trägt in ihrer Weise zur Entstehung, zur Perpetuierung und zum Abstreiten
körperlicher Leiden bei Pianisten bei. Durch das Zusammenwirken einer Reihe von
Faktoren hat bei einer signifikativen Anzahl von Berufspianisten das Auftreten von
Schmerzen zugenommen: Die Verschärfung der Konkurrenz untereinander, eine falsche
Spieltechnik (verbunden mit falscher Unterrichtung) und die Ausweitung des
Standardrepertoires der Virtuosen. In der Vergangenheit hatten die einzelnen sozialen
Bereiche des Klaviers dieses Gesundheitsproblem unbeachtet gelassen oder waren ihm
aus dem Weg gegangen. Den Medizinern waren die Leiden durch falschen Gebrauch,
den Virtuosen durch einen Mangel an « Genie » oder durch « intensives Üben » und den
Klavierlehrern durch « einen schief gelaufenen Unterricht » oder durch einen « Mangel
an Talent » entstanden.
Vermutlich wird das Problem durch die den Müttern und Klavierlehrern seitens
der « Wunderkinder » bezeugte, affektive Zuneigung weiter verschlimmert und überdies
von Schmerzensverleugnung und Selbstanklage begleitet. Der Artikel fußt auf einer
unter 268 Klavierlehrern des Staates New York durchgeführten Befragung, auf
Interviews mit Ärzten und Konzertpianisten, auf teilnehmender Beobachtung beim
Klavierunterricht und bei Pädagogik-Tagungen, sowie auf historischen Untersuchungen
schriftlicher Anleitungen zum Klavierspiel.
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